20.01.2010

Un simple diplomate

La porte s’ouvre dévoilant son visage prudent avec des cheveux blancs bouclés. A moitié caché derrière la porte, appuyant sa petite taille sur sa canne métallique, M. Morsi Saad El Dine m’accueil avec un sourire plaisant : « La lampe de la porte vient d’éclater pourtant je l’ai changé il ya deux jours » il se plaint en me guidant vers son petit salon au rythme de pas courts et du battement de sa canne sur le parquet.

Tout ce dont un intellectuel, politicien et écrivain comme lui a besoin se trouve dans cette chambre : Une chaise tournante située au milieu de ces facilités servait M. Saad El Dine à se débrouiller sans qu’il bouge de sa place. Des cadres collés sur le mur témoignent de son parcours évidement signifiant, d’un part son photo avec le président Sadat, d’un autre part un Crystal reflétant le portrait de sa compagne de vie. De l’autre coté de la chambre se trouve une bibliothèque comblée par de livres, une télévision toujours mise en silence et une table ronde ou il pose toujours un livre, un journal... et ses médicaments.

 Il est né en Septembre 1921 au Caire, au quartier Shoubra « A l’époque, Shoubra n’était pas comme nos jours un quartier populaire, elle était cosmopolite. A abordé M. Saad El Dine en la comparant avec ‘Shoubra’, le roman de l’écrivain égyptien Naim Sabry, je me rappelle des jeune italiens qui jouaient la musique dans la rue chaque dimanche, je suis resté là-bas jusqu’avant de partir en Angleterre en 1945. »

Le début d'une carrière politique

Son frère ainé le fameux compositeur et chanteur égyptien Baligh Hamdy, fait part du passé de M.Morsi Saad El Dine, il s’est souvenu en laissant la chaise tournée « Depuis qu’il avait cinq ans il s’installe a coté de ma mère pendant qu’elle prenait ses cours de lut et du piano, a chaque fois qu'on lui demandait quel serait son futur métier, il disait musicien ». A l’âge de 23 ans, après avoir finit ses études en lettres anglaises, M. Saad El Dine a obtenu une bourse pour Angleterre, afin d’y étudier le journalisme. La deuxième guerre mondiale faisait rage a l’époque. La bourse a été annulée : « J’ai rencontré le responsable égyptien de la bourse, celui-ci m’a demandé de l'aider à écrire un lettre en anglais, M. Saad EL Dine se souvient le sourire aux lèvres. Cette lettre était le début de ma carrière politique. Il m’a téléphoné quelque mois après en disant qu’il était nommé directeur de l’institut égyptien a Londres, et qu’il avait besoin de moi comme secrétaire générale de cet institut ».

En frottant ces pieds pour se réchauffer, il apporte moults précisions précisions sur une période de douze ans comblée par des évènements majeurs, dont l’un était la représentation de l’Egypte en signant la convention UNESCO en 1946, l’autre, après la révolution en 1952, était le poste qu’il a occupé pendant quatre ans en tant qu’attaché de communication a l’ambassade d’Egypte en Angleterre. « C’est un grand homme, ses gardiens sont toujours présents à l’entré de l’immeuble. Néanmoins, il est très humble »a admit Hani Bakhoum son voisin.

Le style de son appartement refléte la classe sociale à laquelle il appartient. Vaste, il semble calme, surtout après la disparition de sa femme a qui il s’est marié juste avant son départ en Angleterre et celle de son fils unique Hamdy, décédé. En ce sens, M. Saad El Dine ne laisse pas passer un moment de silence qui lui permet de se souvenir de cette tristesse : « Après mon retour d’Angleterre, et la naissance de notre fils unique Hamdi, le gouverneur militaire m’a confié le travail de la censure sur l’écriture pour les  journaux étrangers. La guerre tripartite éclatait contre l’Egypte, j’ai fondé l’association des correspondants étrangers et j’étais son membre honoraire avec M. Boutros Ghali ». D’après M. Saad El Dine, l’un de ses plus grandes réalisations dans ce domaine, est de renforcer ses relations avec les correspondants de la presse étrangère, d’après lui, ils sont le lien qui nous liait avec le monde.

"Tendances communistes..."

Poursuivant son parcours dans le travail politique, M.Morsi Saad El Dine a occupé beaucoup de postes tels qu’assistant du secrétaire générale de l’assemblée Afro-asiatique, attaché culturel à l’ambassade égyptienne Allemagne de l’Est. Il était également un membre dans la commission politique délégué à Tel Aviv lors du conflit Arabo-israélien. Il se souvient d’une invitation que les juifs égyptiens, amis de son frère Baligh Hamdi, lui ontadressée. Les klaxons de la rue se font parfois entendre au premier étage, là ou il vit. M. Saad El Dine est tellement heureux d'effectuer ce voyage dans le temps que nul bruit une peut le déranger : « Lors de mon travail comme attaché culturel en Allemagne de l’Est, a-t-il ajouté,  j’ai eu des déclarations qui étaient interprétés comme de tendance communiste, ce qui a énervé le président Sadat, il m’a offert ainsi la poste du président de l’organisme général de l’information. »

 En suivant les traces du chef indien Nehru qui avait écrit le livre Lettres a ma petite fille, l’éditeur en chef des magazines ‘Egypt Today’, ‘Business Today’et ‘Horus’, M. Saad El Dine, écrira son autobiographie en conjonction avec sa petite fille Menatallah. « Mon grand père est un narrateur, souligne  Menna, a chaque fois que je lui raconte une situation de mon quotidien, il me répond par une histoire qu’il a vécue. C'est ce qui nous a donné, avec mon mari, l’idée d'écrire ce livre. » Reprenant : « Lors de sa dernière maladie, il était assis avec sa robe de chambre et il a commencé a raconter sa rencontre avec Fidel Castro, c’était là que j’ai décidé de tout enregistrer... »

Départ. Il répond à mon salut par un appel a bien fermer la porte de l’appartement derrière moi. Je sais que je le retrouverai, très bientôt, du moins par écrit puisque nous pouvons lire ses bribes de vie qui ont fait l'histoire chaque deux semaines au journal ‘Al Ahram’, et attendre l'autobiographie promise.

 Youssef Henein

 

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