03.02.2010
Bahgoury, un combattant a plume
« Un sombre nuage religieux passe au dessus de l'Égypte » se désole le fameux caricaturiste égyptien, George Bahgoury au sujet du conflit sectaire qui a eu lieu dans son village d'origine 'Bahgoura' le 6 Janvier dernier. Il ressemble à un roi, assis sur son trône, au milieu de son petit atelier au centre ville du Caire. Son royaume ce sont des couleurs de différentes teintes, il les enrôle avec une philosophie unique afin d'assurer la justice et l'égalité parmi son peuple. Ajoutant : « La pauvreté et l'ignorance sont les seuls coupables dans ces événements. »
L'homme âgé de 79 ans, né dans ce village du sud de l'Égypte y est étrangement lié : « C'est mon nom d'artiste. Je ne m'appelle pas Bahgoury, mon vrai nom est George Abdel Massih Shenoda, » explique t il. « Ma famille a vécu entre le Caire et Bahgoura. A 17 ans, je me suis installé au Caire où j'ai commencé mes études à la faculté des beaux arts de Zamālek ».
Petit de taille, visage infantile gai, yeux souriantes, cheveux gris laissés au vent et fumée de cigarette. Voilà, en quelques mots, comment on pourrait dessiner celui qui crée des images. Une autre fumée se mélange à la sienne, celle de ses deux amis : Gamal, un vieil homme à la retraite, et Mazen son jeune voisin au centre ville : « Il y a cinq ans, la veille de la fête copte, l'écrivain égyptien Abo El Abas Mohamed et moi sommes parti pour les villes 'Bahgoura' et 'Farshout' concernés par ce conflit, lui musulman et moi copte, nous avons visité l'église du village. Il fallait qu'on y arrive avant la messe mais il y avait trop d'embouteillages, alors Abo El Abas m'a proposé d'aller dans une autre église, plus proche." Son regard s'illumine : "Je n'oublierai jamais son fusionnement avec les diacres chantant dans l'église, et le sourire collé sur son visage, c'est ca la relation entre les musulmans et les coptes depuis longtemps. J'ai passé quelques jours chez lui à 'Farshout' avec cette famille musulmane.»
Selon ses interprétations, l'époque de président Abdel Nasser était l'âge de la renaissance égyptienne, le président a déclaré dans ses discours qu'après vingt ans, il sera responsable des enfants né aujourd'hui, il doit leur assurer une éducation et un travail à la suite. « Vue la mort de Abdel Nasser, ajoute t il, cette vision n'a pas été suivi par son succédant, en ce sens, les jeunes ont quitté leur pays pour gagner leur vie ailleurs, on a commencé à perdre notre identité tout en important d'autres cultures et une mentalité fanatique. »
Le chaos du centre ville monte à notre oreilles. Mes yeux se baladent sur les nombreuses peintures exposées aléatoirement dans son atelier. Chaque peinture représente un combat du passé et une philosophie tirée de l'événement : « Je ne veux pas vivre une vie conventionnelle, explicite t il, ma vie est une révolution contre moi-même, ma seule crainte est de me répéter. » Cette crainte a motivé un départ en France et une carrière pas très académique auprès des magazines 'Sabah el Khir' et 'Rose El Youssef'. Aucune bourse en Europe ne lui a été proposée, il a décidé de partir quand même : « J'ai affronté beaucoup d'obstacles et j'ai pu les surmonter. Je me souviens de ma première exposition à Londres suivie d'une autre en France. » Ensuite ? "ça a continué !"
George Bahgoury possède aussi un atelier à Montmartre (Paris). Il a décidé de se lancer dans l'écriture : « Mon parcours en France n'était pas facile, résume-t-il, la nostalgie m'a beaucoup gênée. J'avais besoin d'un ami de même nationalité que moi avec qui j'aurais discuté. À chaque fois je rentrais le soir chez moi je ne trouvais que le papier pour confier mes histoires. J'ai commencé à écrire ». L'écrivain George Bahgoury a rédigé un célèbre triptique 'Les Icones', rassemblant l'icône de son enfance, celle résumant parcours artistique en Égypte et une dernière reflétant trente ans passés France.
Aujourd'hui, il voudrait transférer l'oeuvre qu ise trouve actuellement dans son atelier parisien en Égypte. Le maire d'Ivry, Manuel Valls a commencé à voir la possibilité de transformer ce lieu en musée. « J'ai appris de mes ancêtres les Pharaons de bien garder mes œuvres, ces peintures sont considérées comme des chef d'œuvres et je veux les garder ». Gamal, clôt la discussion en blâmant l'artiste d'avoir participé a la conférence intitulée 'Caricature pour la paix' a cause de la présence d'un participant Israélien. Il admet « George Bahgoury est un combattant, sa plume est son arme. Un caricaturiste parmi les quinze les plus célèbres du monde selon l'UNESCO. Il est nécessairement un vraie combattant ». Un vrai combattant qui n'a pas hésité à me croquer.
Youssef Henein
11:33 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bahgoury, portrait, artiste, dessinateur, atelier, politique, egypte, sud, copte
La Turquie, culturellement européenne
Depuis le 16 janvier et pour une année, Istanbul, devient la capitale européenne de la culture 2010 aux côtés d’Essen en Allemagne et de Pécs, en Hongrie. Une occasion rêvée pour la Turquie de pouvoir mettre en lumière sa dimension européenne auprès des 27 et de la communauté internationale.
Istanbul a été désignée par Bruxelles en 2006 Capitale européenne de la culture 2010, soit une année après le dépôt du dossier de candidature à l’entrée dans l’Union européenne par le gouvernement turc.
Véritable lien entre l'Europe et l'Asie, la Turquie se définit en pont historique entre les cultures, les civilisations et les continents. Si la volonté du gouvernement turc d’entrer dans l’Union européenne est affichée depuis longtemps, son positionnement et son ouverture vers des pays tels la Syrie, l’Iran ou encore Israël, reste assez peu connue. Au vu de ses dernières interventions de médiation dans la région, et notamment dans le dossier nucléaire Iranien et le processus de paix : « Ankara occupe une place de poids dans la région dont, tant l’Union Européenne que les Etats-Unis ne pourraient se passer dans le règlement du conflit israélo-palestinien et du cas du voisin iranien » analyse Pauline Peretz, historienne spécialiste des relations internationales et chercheur à l’EHESS. « Les rôles sont en passe d’être redistribués au Moyen-Orient, et cette montée en puissance de la Turquie lui assure une position stratégique dont l’Europe est bien consciente » précise-t-elle.
"Elle a toujours tourné son visage vers l'Europe"
Lors de la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a rappelé dans un discours destiné aux ministres de pays européens « l'importance d'Istanbul dans la culture européenne. Istanbul est une ville européenne. Avec son cœur, sa culture, sa civilisation, ses gens, son passé et son futur, elle a toujours tourné son visage vers l'Europe", a-t-il ajouté. "Istanbul a autant façonné la culture européenne qu'elle a été façonnée par elle » conclue-t-il.Devant un public de personnalités influentes, le discours du Premier ministre ne pouvait se passer de sa composante politique. Recep Erdogan a souhaité revenir sur le destin européen de la Turquie et rappeler que le processus d'adhésion à l'Union européenne, initié dès 2005, est parfois très critiqué par plusieurs pays et notamment la France et l'Allemagne : « Cette désignation de la ville d’Istanbul en tant que capitale culturelle européenne montre, qu’au-delà d’Istanbul, la Turquie est un pays européen, un pays ayant vocation à être membre de l'UE », a-t-il expliqué.
Après quatre années de préparatifs, Istanbul a donné le coup d’envoi des festivités par des concerts et des feux d'artifice. Durant une année, la ville vivra au rythme des 400 manifestations artistiques et culturelles européennes reparties sur sept différents sites de cette métropole de 15 millions d’habitants. La plus grande ville d’Europe espère attirer 10 millions de visiteurs étrangers au cours de l’année 2010.
10:52 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, turquie, europe, culture, explositions, musées, festivitées, adhésion, ue
21.01.2010
le microttrot'
Presque une semaine après les propos polémiques tenus par l’emblématique entraîneur des Pharaons Hassan Chehata, concernant la religiosité de ses décisions, nous sommes descendus sur la rue pour voir comment les gens réagissent face à ses propos. Les avis divergent dans la capitale égyptienne entre ceux qui cherchent une excuse pour le « Cap'tain' Chehata » pour ses admirateurs, et ceux qui prétendent que l’entraîneur s’est aventuré loin de son domaine.
Hicham El Adl, employé d’une entreprise internationale « je suis soulagé que Chehata accorde peu d’interview aux médias. La communication n’est pas, il est vrai son point fort. Jamais aucun entraîneur n’avais donné son jugement sur la pratique ou pas de l’aspect religieux de ses joueurs. L’aspect technique, la discipline et le professionnalisme doivent primer. »
Asmah Hassan, étudiante en droit à l’université du Caire Ironique : « Si la prière détermine les résultats, les chinois bouddhistes et pieux auront déjà recueilli tous les trophées du monde. La formation, la sincérité et l’honnêté sont des éléments qui vous permet d’obtenir les droits naturels qui sont loin d’une religion particulière surtout si ils sont établis à partir du très jeune âge. »
Abdallah Sallam, étudiant « Chehata voulait dire tout simplement qu’il veut des joueurs avec un bon caractère et se sentent près de Dieu indepandement de leur religion. »
Salma El Sayed, femme au foyer« les médias aiment susciter la polémique pour des raisons de gain. Ils partent toujours à la recherche de la moindre polémique. »
Maoulida Mbae
19:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
le balayeur de la nuit
Avec ses cheveux blancs frisés et sa peau sombre, Salah a un regard cassé. Dans son uniforme orange, il tire un balai épuisé par l’usure et le temps. Les rues du Caire sont sales. Balayeur de la mégalopole de dix-sept millions d’habitants, Salah Abdel Ghafour parcourt les rues de Dokki, souvent la nuit, pour les nettoyer et ramasser ce que ses concitoyens laissent derrière eux.
Né en 1954, à Menya, à 3h de route au sud du Caire d'un père paysan et d'une mère qui s’occupait de ses cinq enfants, deux garçons et trois filles, Salah, l’aîné, n’a pas terminé l’école. Après un an d’études scolaires, il a commencé à travailler avec son père. Celui-ci lui a appris la tâche ardue de cultiver la terre. Convoqué pour son service militaire, à l’âge de seize ans, il est envoyé à Fayoum, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest du Caire. Après trois ans passés au service de son pays, comme il dit, Salah décide de ne plus rentrer chez lui.
Plusieurs escapades au Caire lors de ses vacances militaires, et il est ébloui par la grande ville. Tout le fascine mais presque rien n’est à sa portée. À la fin de son service, il n’a qu’un seul choix à faire : travailler dans la construction comme lui avait conseillé un des amis militaires. Il se procure donc le matériel après avoir emprunté de l’argent à des anciens soldats un peu plus fortunés que lui. Salah passe ainsi dix ans de sa vie dans le bâtiment où l’instabilité est trop présente. Un jour oui et trois sans… l’argent lui manque parfois. Un jour, il chute du deuxième étage en travaillant. Obligé de se faire opérer pour réparer une jambe gravement fracturée, il ne sera jamais vraiment rétabli.
"Ici, il y a tout..."
Fini le métier de bâtisseur donc. Salah retourne chez lui à Menya pendant quelque temps, pour sa convalescence. Suite à un conseil d’un de ses voisins, il décide ensuite d’exercer le métier de balayeur. Il retrouve donc le Caire, la ville qu’il aime : « Ici y a tout, chez moi il n’y a rien. » dit-il en souriant. Depuis Salah se contente de ce métier simple.
La pauvreté a toujours fait partie de sa vie : « On s’y habitue, on essaie de penser à d’autres joies de la vie comme quand mon fils réussit à l’école ou quand on mange de la viande à la fête » dit-il. La seule chose qui l’ennuie c’est la honte de ses enfants de parler de lui. À l’école, leurs camarades se moquaient d’eux et ça a été l’une des raisons de son malheur. À part ça, Salah relativise le tout et soutient « des fois vaut mieux être pauvre et la tête reposée que riche avec plein de soucis ».
Les balayeurs qui trainent dans les rues à ne rien faire et à mendier ont leur part de critiques dans les propos de Salah. Il les considère comme des fainéants, lui, l’ancien travailleur hyper actif ne peut concevoir de tendre la main aux marcheurs. Il fait son métier car il est bien obligé « Si le superviseur passe et qu’il voit que c’est sale dans ma zone, je serai sanctionné et serai moins payé » s’écrit-il. « Mes collègues compensent cela avec l’argent qu’ils se font sur le dos des gens » dit-il avec indignation.
La concurrence
Salah trouve que les gens ne respectent pas les balayeurs qui pourtant ont un métier déjà assez humiliant. « Des fois, après avoir balayé une partie de la rue, je la retrouve sale quelques minutes après. Les passant n’arrêtent pas de jeter des choses par terre » dit-il avec résignation. Il ne comprend pas pourquoi le gouvernement égyptien a eu recours à des compagnies étrangères pour ramasser les poubelles dans la rue. « Avant il n’y avait que nous qui faisions cela, avec les zabalin (éboueurs) et le Caire n’était pas plus sale que maintenant! Ils auraient pu augmenter nos salaires ! » s’exclame-t-il. En effet, les raisons pour lesquelles les compagnies ont été embauchées ne sont pas très convaincantes. Selon le site de l’agence de nettoyage et d’embellissement du Caire, elles s’occupent de ramasser 65% des poubelles de la ville. C’est à se demander, comme a dit Salah, pourquoi la ville n’est pas plus propre qu’avant.
Les rêves de Salah sont limités comme tout balayeur en Égypte probablement. Ses deux enfants Ali et Gihane, ont respectivement dix-neuf et quinze ans. Le premier est un étudiant dans un centre ou il apprend le métier d’ouvrier et la deuxième a arrêté ses études et travaille comme femme de ménage, comme sa mère. Celle-ci a épousé Salah il y a vingt ans. Au téléphone, elle le décrit, avec une voix dans laquelle on sent la fatigue d'une longue jouréne de travail, comme un mari gentil, travailleur et aimant ses enfants plus que tout. Salah désire seulement que ses enfants aient une meilleure vie que lui. « Tu sais ya basha, de nos jours la vie était plus dure. Il n’y avait pas toute cette technologie, les téléphones portables, les ordinateurs… j’espère qu’avec tout ça, mon enfant pourra trouver un bon travail pour que j’arrête de balayer les rues si tard le soir »
Salem Mohamed
09:18 Publié dans Coup de coeur/Coup de griffe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20.01.2010
Un simple diplomate
La porte s’ouvre dévoilant son visage prudent avec des cheveux blancs bouclés. A moitié caché derrière la porte, appuyant sa petite taille sur sa canne métallique, M. Morsi Saad El Dine m’accueil avec un sourire plaisant : « La lampe de la porte vient d’éclater pourtant je l’ai changé il ya deux jours » il se plaint en me guidant vers son petit salon au rythme de pas courts et du battement de sa canne sur le parquet.
Tout ce dont un intellectuel, politicien et écrivain comme lui a besoin se trouve dans cette chambre : Une chaise tournante située au milieu de ces facilités servait M. Saad El Dine à se débrouiller sans qu’il bouge de sa place. Des cadres collés sur le mur témoignent de son parcours évidement signifiant, d’un part son photo avec le président Sadat, d’un autre part un Crystal reflétant le portrait de sa compagne de vie. De l’autre coté de la chambre se trouve une bibliothèque comblée par de livres, une télévision toujours mise en silence et une table ronde ou il pose toujours un livre, un journal... et ses médicaments.
Il est né en Septembre 1921 au Caire, au quartier Shoubra « A l’époque, Shoubra n’était pas comme nos jours un quartier populaire, elle était cosmopolite. A abordé M. Saad El Dine en la comparant avec ‘Shoubra’, le roman de l’écrivain égyptien Naim Sabry, je me rappelle des jeune italiens qui jouaient la musique dans la rue chaque dimanche, je suis resté là-bas jusqu’avant de partir en Angleterre en 1945. »
Le début d'une carrière politique
Son frère ainé le fameux compositeur et chanteur égyptien Baligh Hamdy, fait part du passé de M.Morsi Saad El Dine, il s’est souvenu en laissant la chaise tournée « Depuis qu’il avait cinq ans il s’installe a coté de ma mère pendant qu’elle prenait ses cours de lut et du piano, a chaque fois qu'on lui demandait quel serait son futur métier, il disait musicien ». A l’âge de 23 ans, après avoir finit ses études en lettres anglaises, M. Saad El Dine a obtenu une bourse pour Angleterre, afin d’y étudier le journalisme. La deuxième guerre mondiale faisait rage a l’époque. La bourse a été annulée : « J’ai rencontré le responsable égyptien de la bourse, celui-ci m’a demandé de l'aider à écrire un lettre en anglais, M. Saad EL Dine se souvient le sourire aux lèvres. Cette lettre était le début de ma carrière politique. Il m’a téléphoné quelque mois après en disant qu’il était nommé directeur de l’institut égyptien a Londres, et qu’il avait besoin de moi comme secrétaire générale de cet institut ».
En frottant ces pieds pour se réchauffer, il apporte moults précisions précisions sur une période de douze ans comblée par des évènements majeurs, dont l’un était la représentation de l’Egypte en signant la convention UNESCO en 1946, l’autre, après la révolution en 1952, était le poste qu’il a occupé pendant quatre ans en tant qu’attaché de communication a l’ambassade d’Egypte en Angleterre. « C’est un grand homme, ses gardiens sont toujours présents à l’entré de l’immeuble. Néanmoins, il est très humble »a admit Hani Bakhoum son voisin.
Le style de son appartement refléte la classe sociale à laquelle il appartient. Vaste, il semble calme, surtout après la disparition de sa femme a qui il s’est marié juste avant son départ en Angleterre et celle de son fils unique Hamdy, décédé. En ce sens, M. Saad El Dine ne laisse pas passer un moment de silence qui lui permet de se souvenir de cette tristesse : « Après mon retour d’Angleterre, et la naissance de notre fils unique Hamdi, le gouverneur militaire m’a confié le travail de la censure sur l’écriture pour les journaux étrangers. La guerre tripartite éclatait contre l’Egypte, j’ai fondé l’association des correspondants étrangers et j’étais son membre honoraire avec M. Boutros Ghali ». D’après M. Saad El Dine, l’un de ses plus grandes réalisations dans ce domaine, est de renforcer ses relations avec les correspondants de la presse étrangère, d’après lui, ils sont le lien qui nous liait avec le monde.
"Tendances communistes..."
Poursuivant son parcours dans le travail politique, M.Morsi Saad El Dine a occupé beaucoup de postes tels qu’assistant du secrétaire générale de l’assemblée Afro-asiatique, attaché culturel à l’ambassade égyptienne Allemagne de l’Est. Il était également un membre dans la commission politique délégué à Tel Aviv lors du conflit Arabo-israélien. Il se souvient d’une invitation que les juifs égyptiens, amis de son frère Baligh Hamdi, lui ontadressée. Les klaxons de la rue se font parfois entendre au premier étage, là ou il vit. M. Saad El Dine est tellement heureux d'effectuer ce voyage dans le temps que nul bruit une peut le déranger : « Lors de mon travail comme attaché culturel en Allemagne de l’Est, a-t-il ajouté, j’ai eu des déclarations qui étaient interprétés comme de tendance communiste, ce qui a énervé le président Sadat, il m’a offert ainsi la poste du président de l’organisme général de l’information. »
En suivant les traces du chef indien Nehru qui avait écrit le livre Lettres a ma petite fille, l’éditeur en chef des magazines ‘Egypt Today’, ‘Business Today’et ‘Horus’, M. Saad El Dine, écrira son autobiographie en conjonction avec sa petite fille Menatallah. « Mon grand père est un narrateur, souligne Menna, a chaque fois que je lui raconte une situation de mon quotidien, il me répond par une histoire qu’il a vécue. C'est ce qui nous a donné, avec mon mari, l’idée d'écrire ce livre. » Reprenant : « Lors de sa dernière maladie, il était assis avec sa robe de chambre et il a commencé a raconter sa rencontre avec Fidel Castro, c’était là que j’ai décidé de tout enregistrer... »
Départ. Il répond à mon salut par un appel a bien fermer la porte de l’appartement derrière moi. Je sais que je le retrouverai, très bientôt, du moins par écrit puisque nous pouvons lire ses bribes de vie qui ont fait l'histoire chaque deux semaines au journal ‘Al Ahram’, et attendre l'autobiographie promise.
Youssef Henein
19:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : egypte, caire, politique, el dine, communication, angleterre, ministre, unesco
Osta Tareq, une roquette sur l’asphalte
Dans la station Assalam, la plus grande station de microbus à la ville de Belbeis, “la roquette” cela est son surnom très connu de ses camarades, “Osta” Tareq Hamouda, vieux chauffeur d’un véhicule minibus dans lequel il travaille depuis plus de 27 ans.
Il est 22h15, Hamouda m’invite à boire quelque-chose à la cafétéria qui dépend de la station et qui n’est pas fréquentée que par les passagers et les chauffeurs. Il commande un café et une chicha pour lui. Il s’est mit à tirer la fumée du petit tube, et avant de rejeter la première bouffée, deux jeunes hommes sont venus lui serrer la main. Hamouda les a accueilli à bras ouvert en leur offrant à boire du thé . “Ces deux jeune chauffeurs étaient mes élèves dans le passé, c’est moi qui leur ai enseigné comment conduire une voiture il y a 7 ans, et actuellement je en suis très fier” explique-t-il.Hamouda a un corps un peu maigre, des cheveux grisonnante couvrent les deux cotés de sa tête et qui lui donnent plus de respect, une voix douce et des yeux noirs et souriants qui laissent paraître son contentement bien clair.
Ce Belbeisi de 47 ans mérite bien l’admiration de ses camarades. Grâce à sa bonté, son humanité et son ésprit compréhensif. “ En tant que chauffeur, je suis sur qu’il est difficile de trouver un collègue comme Hamouda de nos jours, il est un exemple à suivre pour les chauffeurs égyptien” affirme l’un des deux jeunes chauffeurs.
Dès l’age de 12 ans, Hamouda est entré dans le monde de travail lorsqu’il a quitté l’école à cause des difficultés de sa famille à ce moment-la. Il s’est dirigé à la gare routière qui reliait son village à la ville. Il y a débuté comme receveur, parfois assistant des chauffeurs. Il appelait les passagers. “ Moi je voulait continuer mes études afin de devenir médecin, mais c’est la vie!” dit-il en expirant la fumée de sa chicha.
Il a pris beaucoup de temps avant de savoir conduire car les chauffeurs réfusaient, à cette époque, de lui permettre de à conduire leurs véhicules pour s’exercer parce qu’il était encore très jeune. En 1978, il conduit pour la première fois un minibus tout seul depuis son village jusqu’à la ville de Belbeis. En 1982, il obtient finalement le permis de conduire. “ Cela était l’une réalisations essentielles dans ma vie... Je me sentais alors comme un nouveau-né” dit-il en riant. “ Depuis, je n’ai jamais cessé de conduire, presque tous les jours..De plus, j’ai épargné de l’argent autant que possible, et enfin je suis arrivé, non seulement à acheter un minibus, mais aussi à me marier.”
Selon lui, la jeunesse c’est la période où travail et l’effort sont fondamentaux afin de construire une famille et vivre paisiblement. “ Je me disais toujours qu’on devait mettre à profit de nous jours de jeunesse irrécupérable pour garantir un avenir meilleur à nos enfants.”
En ce qui concerne sa vie privée, il a un garçon de 13 ans et 3 filles dont 2 sont mariées. La troisième suit encore ses études à l’université. “ Je rêve que mon seul fils exerce un métier plus haut : professeur ou bien ingénieur, mais le problème ce qu’il est un élève très désobéissant à l’école. J’espère qu’il se concentra sur ses études comme sa soeur.” Il profite de son temps libre en écoutant les chansons d’Oum Kalsoum et Abdel Halim, ou en allant voir ses amis. Le vendredi, il a un programme très spécial ou il a l’habitude depuis longtemps de rendre visite à ses proches après la prière de Gomaa, et le soir il se promenne en famille.
De l’autre coté, Hamouda croit que la profession du chauffeur n’attire, actuellement, que les vagabonds et les mal élevés. Il rencontre chaque jours des personnes qui nuisent à la réputation des chauffeurs, en général, avec leurs comportements inacceptables. “ Moi je suis si triste de trouver des chauffeurs qui ne respectent plus les clients qui sont leurs seules sources de revenues. Il y a de chauffeurs de microbus drogués et qui fument quotidiennement du bango et du hachich. Il y en a d’autres qui viennent de sortir du prison.” “ Moi j’ai appris à être flexible et à bien traiter le client, parce qu’il n’est qu’un citoyen comme nous.”
Enfin, après avoir fini sa chicha, l'homme s’est mit à exprimer ses voeux.” Je ne veux pas quitter le travail dont je jouis tellement mais en fait les nouvelles lois de transport et le système de trafic en Egypte deviennent de plus en plus fatiguants. J’éspère que les responsables seront plus serviables.Ma famille et ma voiturereprésentent toute ma vie simple.je lis le Coran chaque soir et je demande à Dieu de nous protéger de tout mal.”
Karam Saleh
18:11 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : portrait, taxi, conducteur, vie, égypte

